SELF-LOVE
Narcisse érotique.
Vidéo original de 07min30. 5 éditions dont deux épreuves d'artiste. 2012
Désirer sa propre création, se désirer, s'auto-désirer.
Paradoxe sur le désir.
Il est question de la représentation du désir de son propre corps
en reférence au mythe de Narcisse. Et de ce paradoxe car Narcisse
ne s'aimait pas, il s'est laissé mourir, il aimait son image et n'a pas
su traverser les apparences.
Ma vidéo évoquerait cette époque hypocrite et sensuelle
où les hommes préfère leur propre contact. Il s'agit
d'un montage corporelle, de mon corps en morceaux décomposé
par le miroir où les fragments développent une métonymie sexuelle
avec quelques éléments en céramique.
Ceci menant, non pas à la mort mais à l'hystérie. Là où le plaisir
et la douleur sont unis dans un état de bonheur. Un arc - la montée
de la tension et sa libération.
Wanting your own creation, to desire, desire yourself. Paradox of desire.
It is about the representation of the desire of your own body in reference
to the myth of Narcissus. And this paradox as Narcissus did not like himself,
he let himself die, he loved his image and did not go through appearances.
My video evokes those time of sensual hypocrisy where humanbeing prefers
their own contact. My body broken into pieces by the mirror where
the fragments develop a sexual metonymy with ceramic elements.
Which leads, not to death but hysteria. Where the pleasure and pain
are united in a state of happiness. Arc of hysteria - the rise of tension
and its release.
Moi ! - Très modeste Narcisse.
Je vous expliquerai mon self-love…
Je ferme les yeux pour délimiter l'orgie.
Fragmentations.

Ici, reposent mes jambes.
L'empreinte dans le carré de corps féminin.
Je resterais.
L'essence rare, la perle gestuelle.
Un jeu de jambes. Jeux tranquilles.

Il faudrait maintenant fixer l'image dans le temps comme dans l'espace, saisir des mouvements accomplis - se surprendre de dos, enfin !
Je ferme les yeux. Il y a trop de tout.
Je me tais. Je retiens mon haleine.
Je me couche en rond, j'abandonne mes bords,
je me replie vers un centre imaginaire.
Le corps se connaît et s'absout.



J'entends autrui corps et âme.
Corps et âme il faut s'attacher à soi-même.
ébauche de corps et d'âme.
Jeux tranquilles.
Demeurer à l'ombre de l'angoisse des corps.
éviter l'évidence rêche.
Du-elles
Arriviste de l'âme, se passait sur le corps.
Car la beauté n'est qu'un jeu de lumière.
Ephémère. Illusion.
Ce corps que j'ai cruellement sculpté, va-t-il fondre à ma propre chaleur ?
tandis que je m'essouffle à quelque autre embellissement,
tandis qu'il me reste tant à faire.
On ne saurait penser à tout.
Mise au pied du lit je m'aperçois qu'il faudrait décoller ma robe -
et que j'y laisserais ma peau.
Cette expérience me déshabille de ma peau.
Puis-je mourir étoilé, Narcisse.
Moi, chez qui l'amour de soi se réalise dans un égoïsme à deux,
à plusieurs, à tous, dans l'orgie universelle.
Je ferme les yeux.


Moi-même (faute de mieux)
La sirène succombe à sa propre voix.
L'être s'individualise. L'orgueil devient vertu.
Ailleurs aussi le maquillage est de rigueur.
Produits de beauté.
Fragile - With care - denrées périssables.
Pourquoi changer de visage ? Pourquoi bouleverse-t-on mes vertus ? Pourquoi me défait-on sitôt que je ferme les yeux ?
Je ferme les yeux sur ma propre image. jouer à être sa propre image..
Self-love
Une main crispée sur un miroir - une bouche, des narines palpitantes - entre des paupières pâmées, la fixité folle de prunelles élargies..
Dans un miroir étroit, montrer la partie pour le tout ?
Un regard m'attire, une bouche me repousse.



Miroir.
Confondre mon auréole et des éclaboussures.
Refusant de me cogner aux murs, me cogner aux reflets ?
Dans la nuit noire.
Le tain des miroir épaissit.
"Miroir", "fixer", voilà des mots qui n'ont rien à faire ici.
Ce qui me gêne le plus, c'est l'insuffisance, la discontinuité
de mon propre regard. Ce qui me désespère, ce n'est pas
de ne pouvoir me boire, ce n'est pas le solide, l'infrangible espace
pris dans les glaces, le froid qui sépare la vitre de mon image.
Il existe entre moi et moi-même autre chose à briser.
Toujours un quartier de lune, jamais la plénitude.
Toujours une clarté partielle.
Mon idéal est assez pour me dégoûter du reste du monde, mais peu, trop peu, rien pour le contenter.
Je me venge à l'occasion des miroirs, que je recherche, amoureuse, sadique - et toutefois m'y torturant moi-même.Moi.
Individualisme ? Narcissisme ? Certes.
C'est la meilleure tendance.
La seule intentionnelle fidélité dont je sois capable.
Self-Love
La mort de Narcisse m'a toujours paru la plus incompréhensible.
Une seule explication : Narcisse ne s'aimait pas.
Il s'est laissé tromper par une image. Il n'a pas su traverser
les apparences.
Le mythe de Narcisse est partout. Il nous hante.



Il existe entre moi et moi-même autre chose à briser.
Arc d'hystérie.
Un bruit de verre cassé, le reflet qui se brise.
Passionnée, presque hystérique, vertige ...


texte inspiré de Claude Cahun
